La tutelle des biens culturels est l’ensemble des lois qui permettent la conservation et la mise en valeur des biens culturels présents sur le territoire. En Italie , cette tâche est confiée au “Ministère des Biens et des Activités Culturelles”. A travers les Directions Générales, les Instituts Centraux et les Organismes Périphériques, il dresse la listes des œuvres d’art et s’occupe de leur conservation et de leur restauration.
LA CONSERVATION
La conservation d’un bien culturel vise à éviter la dégradation de l’œuvre d’art grace à la restauration préventive et va de pair avec la mise en valeur du bien en question.
LA MISE EN VALEUR
La mise en valeur comprend toutes les démarches qui permettent la prise de conscience de l’importance du patrimoine culturel.
Au niveau international, l’organisme qui protège le patrimoine culturel comme patrimoine de l’humanité est l’UNESCO.
Au niveau italien, il y a “ITALIA NOSTRA” et “FAI” qui, à travers différentes initiatives, visent à illustrer au grand public le sens de la “mise en valeur”.
La première étape du voyage dans l’histoire de la tutelle des biens culturels remonte à
l’époque impériale de la civilisation romaine . C’est à cette époque que naissent les premières lois concernant le monopole de la tutelle et les obligations d’ inaliénabilité.
Seulement à la fin du Moyen Age, la papauté a commencé à mettre en œuvre un programme de tutelle s’appliquant uniquement à la ville de Rome .
A partir du XVe siècle, le Pape Sixte IV interdit la vente d’œuvres d’art conservées dans les églises.
Il faut attendre le XXe siècle, 40 ans après l’Unification de l’Italie, pour que, par la loi du 27 Juin 1907, le “Conseil Supérieur des Antiquités et des Beaux-arts” soit créé . Cet organisme réglemente tout intervention dans le soin et la protection du patrimoine historique et artistique du Pays . En 1909 ,la loi Rosadi aborde sérieusement le problème de la tutelle et du patrimoine artistique décrétant :
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Le principe de l’inaliénabilité de l’État;
- L’obligation de contrôler les biens publics afin d’éviter tout altération, même sur les propriétés privées;
- Le droit de préemption de l’Etat sur la propriété privée mise en vente;
- La nécessité de la préservation et de la recherche archéologique.
En 1939 la réforme Bottai considère que le patrimoine historique, artistique, culturel et environnemental c’est le noyau autour duquel se définit l’identité d’un peuple.
Pendant les années 60 du XXe siècle, après la naissance de la République, à l’entrée en vigueur de la Constitution (article 9), les commissions Franceschini et Vapaldo mettent en évidence l’état d’abandon et de dégradation du patrimoine italien. Alors l’Institut Central pour le Catalogue et la Documentation (ICCD), commence à recueillir les cartes du patrimoine culturel existant sur le territoire italien.
En 1975, le Ministère des Biens Culturels et de l’Environnement est créé, dont la tâche est la gestion du patrimoine culturel soit pour ce qui concerne la tutelle soit pour la protection et la mise en valeur.
En 1998, le Ministère des Biens et des Activités Culturelles renoue les relations avec les autorités locales, les administrations régionales et les organismes privés intermédiaires comme les Directions des Beaux-arts, leur demandant leur collaboration pour la tutelle du patrimoine historique et artistique et pour la gestion des archives.
En 1999, le Texte Unique sur les Biens Culturels et de l’Environnement est publié .
Le décret de loi du 22 janvier 2004 établit la liste des biens sous tutelle de l’Etat :
- les biens meubles et immeubles appartenant à l’État (musées, galeries d’art…) ;
- les biens appartenant aux collectivités locales ;
- tout autre bien public ou privé ayant quelques intérêt artistique, historique , archéologique ou anthropologique .
Le 3 Décembre 2007, au Quirinale, le président de la République Giorgio Napolitano a célébré le premier centenaire du Conseil Supérieur des Antiquités et des Beaux-arts.