Le monachisme s’est développé en Orient, entre la fin du III et le début du IV siècle, dans la période correspondant à la fin du
monde antique et à la crise de l’Empire Romain, déjà divisé entre Empire d’Orient et Empire d’Occident. C’est la période de l’urbanisation naissante, du dépeuplement des campagnes et de la pressions des peuples germaniques sur les frontières de l’Empire.
Le monachisme naît de l’exigence et de la volonté des chrétiens d’évangéliser les peuples lointains qui ne connaissaient pas encore le message chrétien.
Il faut distinguer deux différents types de monachisme: le basilien qui s est développé en Occident et l’égyptien qui s’est développé en Orient. Les premiers voyageaient pour diffuser la religion chrétienne tandis que les seconds se retiraient dans le désert, souvent aux limites de la survie, pour se consacrer entièrement à la prière, à la pénitence et à la recherche personnelle de Dieu.
Le monachisme érémitique fut fondé par le moine égyptien Antoine, originaire d’une famille chrétienne. Il passa les derniers soixante-dix ans de sa vie comme ermite dans le désert.
Par contre, le monachisme basilien fut fondé par le moine Basile de Cesarea, nommé le Grand, appartenant aux pères de Cappadoce. Il provenait d’une
famille très chrétienne, il avait une grande culture qu’il avait enrichie grâce aux nombreux voyages et aux séjours dans les métropoles culturelles de l’Orient chrétien (Athènes et Constantinople). Il critiqua la manière de vivre des ermites et réorganisa la vie et la spiritualité monastiques.
Le monastère basilien n’était pas trop grand, il comptait quelques dizaines de moines. C’ était un centre de prière, de pénitence, d’apostolat et de travail pour les hommes qui voulaient mettre au service des autres ( de ceux qui vivaient dans le monde, en particulier de ceux qui en avaient besoin), le résultat de l’expérience spirituelle faite dans le cloître.
Contrairement aux moines égyptiens qui avaient une foi plus simple, les moines basiliens étaient aussi très cultivés, ils se référaient à la pensée grecque afin de préciser le dogme et participaient aux disputes théologiques qui définirent la doctrine de l’église. En autre, Basile ouvrit la vie monastique aux moines et aux nonnes.
Il recueillit une anthologie de textes du Nouveau Testament, il écrivit les règles morales dont les Règles diffusées et les Règles courtes. Les premières comprennent 55 articles concernant les obligations générales du moine; les secondes définissent le comportement moral de la vie monastique. Dans ces dernières, Saint Basile décrit la vie monastique comme exemple de perfection chrétienne et invite tout le monde laïc à suivre ce mode de vie , indépendamment de la condition sociale de chacun . L’idéal monastique Basilien est caractérisé par un fort esprit ecclésial où l’obéissance, le travail dans les écoles et l’assistance revêtent une grande importance.
Les moines basiliens sont arrivés dans le Salent pendant la domination byzantine. En 726 l’empereur byzantin Léon III a promulgué une ordonnance pour mettre en œuvre la destruction des images sacrées et les icônes de toutes les provinces de l’Empire. Tous les mosaïques et les fresques furent détruites à coup de marteau et les icônes faites en morceaux et jetées dans le feu; de nombreuses œuvres d’art furent ainsi perdues et plusieurs moines furent tués dans cette lutte iconoclaste . Tout cela pour détruire et déraciner le commerce des images et combattre contre leur vénération considérée comme idolâtrie et superstition . Cette
lutte provoqua la fuite de milliers de moines qui, pour échapper à la persécution, se refugièrent dans le sud de l’Italie et particulièrement dans le Salent. Obligés à se cacher, ils s’abritèrent dans les grottes, les forêts et sur les pentes des collines, qui sont devenues des lieux d’accueil et de prière. Parfois, quand ils n’ont pas pu adapter les grottes naturelles, ils ont creusé dans la roche plus fragile des refuges semblables à des puits. Ces abris naturels, adaptés à demeures, ont été appelés laure. Ici, les moines ont continué à pratiquer leur culte.
À l’entrée de la laure il y avait toujours une image de la Madone nommée “Vergine Portinaia” destinée, selon les moines, à protéger leur refuge.